
Lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie grave évolutive et entre dans une phase palliative, la présence de ses proches devient souvent essentielle. Les accompagner dans les rendez-vous médicaux, assurer une présence rassurante, coordonner les soins ou simplement partager du temps ensemble demande de la disponibilité. Pourtant, concilier cette réalité avec une activité professionnelle n’est pas toujours simple.
Depuis le 1er juillet 2026, le congé palliatif évolue afin de mieux répondre aux besoins des travailleurs confrontés à cette situation. Les nouvelles dispositions offrent davantage de souplesse dans l’organisation du congé, permettant un accompagnement plus adapté aux réalités du terrain.
Qu’est-ce que le congé palliatif ?
Le congé palliatif est un congé thématique prévu par la législation belge. Il permet à un travailleur d’interrompre totalement ou partiellement son activité professionnelle afin d’accompagner une personne souffrant d’une maladie incurable en phase palliative.
La personne accompagnée ne doit pas nécessairement être un membre de la famille. Il peut également s’agir d’un proche avec lequel existe un lien affectif important.
Pendant cette période, le travailleur peut, sous certaines conditions, bénéficier d’une allocation versée par l’Office national de l’emploi (ONEM).
Concrètement :
- le congé est accordé par période d’un mois ;
- il peut être prolongé deux fois, sur présentation d’une nouvelle attestation médicale ;
- la durée maximale est donc de trois mois par personne accompagnée ;
- il peut être pris sous la forme :
- d’une interruption complète ;
- d’une réduction à mi-temps ;
- d’une réduction d’un cinquième (selon les conditions prévues par la législation) ;
- la demande s’effectue auprès de l’employeur en remettant une attestation du médecin traitant confirmant que la personne nécessite des soins palliatifs. L’identité du patient ne doit pas figurer sur cette attestation ;
- sauf accord de l’employeur pour un début plus rapide, le congé prend effet le premier jour de la semaine suivant la remise de l’attestation ;
- pendant cette période, le travailleur peut bénéficier d’allocations d’interruption versées par l’ONEM, sous réserve de remplir les conditions prévues. Les montants varient notamment selon la forme de l’interruption (temps plein, mi-temps ou 1/5 temps) et la situation personnelle du travailleur. Ils sont indexés régulièrement et peuvent être consultés sur le site de l’ONEM
Ce qui change depuis le 1er juillet 2026
La réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2026 vise à rendre le congé palliatif plus flexible.
Jusqu’à présent, les possibilités d’organisation du congé étaient relativement limitées. Désormais, les travailleurs disposent de davantage de souplesse pour adapter leur congé à l’évolution de la situation de la personne accompagnée. Le congé pourra être pris de manière hebdomadaire plutôt que mensuelle. Cette évolution tient compte du fait qu’un accompagnement palliatif ne suit pas toujours un calendrier prévisible.
Les derniers jours ou les dernières semaines de vie peuvent nécessiter une présence plus importante. À d’autres moments, quelques jours suffisent pour accompagner un retour à domicile, participer à une concertation avec les soignants ou soutenir un proche après une aggravation de son état de santé.
Cette nouvelle flexibilité permet ainsi d’utiliser le congé de manière plus adaptée aux besoins réels des personnes concernées, tout en favorisant un meilleur équilibre avec les obligations professionnelles.
Une reconnaissance du rôle des proches
Les proches jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement d’une personne en soins palliatifs.
Ils apportent une présence quotidienne, participent à l’organisation des soins, soutiennent les décisions de la personne malade et veillent souvent à son confort. Cet engagement représente un investissement important, tant sur le plan émotionnel que pratique.
En assouplissant les modalités du congé palliatif, le législateur reconnaît davantage cette réalité et facilite l’implication des proches lorsque leur présence est particulièrement nécessaire.
Les proches ne sont pas seuls
L’accompagnement d’une personne en soins palliatifs repose sur un travail d’équipe. Autour de la personne malade gravitent le médecin traitant, les infirmiers, les aides à domicile, les kinésithérapeutes, les psychologues, les équipes hospitalières et, lorsque la situation le nécessite, les équipes spécialisées en soins palliatifs.
En Province de Namur, l’équipe de soutien de PalliaNam intervient, avec le soutien de la mutuelle et à la demande du médecin traitant, auprès des personnes nécessitant des soins palliatifs à domicile, en maison de repos ou dans d’autres lieux de vie. Son rôle est d’apporter une expertise complémentaire aux soignants de première ligne, de soutenir les proches et de contribuer à la coordination des soins.
Où obtenir des informations ?
Les conditions d’accès au congé palliatif, les démarches à effectuer et les modalités d’indemnisation peuvent être consultées auprès de votre employeur, de votre secrétariat social ou directement auprès de l’ONEM.
Si vous accompagnez un proche en Province de Namur et que vous souhaitez mieux comprendre les ressources disponibles en soins palliatifs, l’équipe de PalliaNam peut également vous informer sur les dispositifs d’accompagnement existants.